Le Trigger Point

Quand le myofascia change de consistance, il produit des nodules de fascia durci et tendu. Le myofascia durcit à un endroit très spécifique, il peut coincer des nerfs, resserrer des vaisseaux sanguins et bloquer les vaisseaux lymphatiques. Donc, les trigger points peuvent causer une multitude de symptômes.

Le muscle en santé travaille toujours en harmonie avec un autre pour que le mouvement soit fluide. Donc, lorsqu’un muscle se contracte, un autre doit s’étirer. Les muscles doivent se maintenir en activité pour rester en santé et assurer leur bon fonctionnement. Une activité musculaire constante assure une bonne fluidité des liquides qu’ils contiennent.

Les muscles doivent ainsi avoir un bon échange entre les nutriments, l'oxygène et les déchets. Les nutriments, l’oxygène et les déchets doivent traverser le myofascia. Donc, quand le myofascia est devenu durci et qu’il s’est épaissi, les déchets s’accumulent et les muscles reçoivent peu de nutriments et d’oxygène. Quand les déchets (qui sont de l’acide lactique) s’accumulent, le muscle et les nerfs deviennent irrités. Les nerfs irrités signalent au cerveau qu’il y a un problème, ce qui cause un stress supplémentaire. Alors, le myofascia devient de plus en plus épais. Ceci cause un cercle vicieux qui fait en sorte que le corps expérimente encore plus de stress.

Quand le corps est en tension soutenue, le myofascia provoque de plus en plus de douleur et cela irrite les nerfs sensitifs et moteurs. Plus il y a de douleur, plus le myofascia devient tendu (c’est comme une forme de protection).

Quand le muscle est en constante tension, il travaille même s’il est au repos. Donc, un muscle sous tension demande plus d’oxygène et de nutriments et produit donc plus de déchets qu’un muscle sans tension. Cela crée dans le myofascia ce que l’on appelle un trigger point.

Les trigger points se forment durant notre vie comme une réponse à un ou plusieurs traumatismes (stress) tel que l’usure, les mouvements répétitifs, les blessures sportives, les virus, une mauvaise posture, une chirurgie, la surtension, le stress émotionnel, les problèmes articulaires, ect…




Les différents types de Trigger Points

Il y a les Trigger Points Actifs, Passifs, Primaires et Secondaires.

Tous les trigger points sont associés à un dysfonctionnement, mais seulement les trigger points actifs sont associés à la douleur référée. (Tel que démontré sur les images des trigger points). Les trigger points primaires et secondaires peuvent être actifs ou passifs.

  1. Les trigger points actifs sont vraiment douloureux à la palpation et sont associés à une douleur existante et à d’autres dysfonctionnements. Ils peuvent varier en irritabilité (associés avec une variation des symptômes) d’heure en heure et de jour en jour. La sévérité et la prolongation des douleurs référées dépendent de l’irritabilité du trigger point et non sur sa grosseur ou sur la grosseur du muscle affecté.

    Un trigger point actif peut devenir passif (latent) après un soulagement de celui-ci, tel le repos ou bien une thérapie inadéquate.


  2. Les trigger points passifs sont moins douloureux à la palpation. On peut les retrouver sur des patients normaux et ils sont associés à des restrictions de mouvement, et à une faiblesse et une fatigue dans la région des muscles affectés. Les muscles apprennent à éviter les mouvements douloureux (comme une forme de protection).

    Les trigger points passifs peuvent facilement être activés par plusieurs facteurs, surtout lors d’un étirement excessif, et peuvent par la suite déclencher une douleur aiguë ou un dysfonctionnement. Plus les muscles sont en forme, plus il sera difficile d’activer les trigger points passifs.


  3. Les trigger points primaires sont les résultats directs d’une blessure physique, d’une irritation locale suite à une maladie causée par un virus ou un problème d’ordre environnemental qui ont un impact sur les tissus myofasciaux. Un trigger point primaire, causant de la douleur, augmente le stress musculaire dans un autre muscle et produit un ou plusieurs trigger points secondaires dans le même ou d’autres muscles.


  4. Les trigger points secondaires se développent à cause des douleurs référées par un trigger point actif. Les trigger points sont habituellement initiés par un traumatisme direct sur les muscles affectés. Des muscles fatigués ou en mauvaise forme sont très disposés aux blessures et les trigger points peuvent facilement se développer dans ceux-ci.
La détection des trigger points se fait par une palpation attentive des tissus du corps en recherchant des points extrêmement douloureux à la palpation. À chaque fois que le trigger point est pressé, on demande au patient ce qu’il ressent. À moins que le trigger point ne soit très actif, le patient n’est pas au courant de son existence ou de sa location jusqu’à ce qu’il soit palpé.

Lorsque l’on palpe un trigger point, on ressent comme un genre de nodule entouré de cordon tendu. Occasionnellement, le muscle affecté peut être spasmé. Si le myofascialogiste pince un trigger point actif ou passe directement dessus en glissant ses doigts, le patient peut avoir un sursaut local ou généralisé (cela désigne que l’on est dessus).

Écraser et pincer un trigger point actif déclenche une douleur référée dans la région problématique. Les trigger points passifs ont des caractéristiques similaires, mais sont moins douloureux et ne réfèrent aucune douleur. Ils font mal seulement où l’on appuie la pression. La relation anatomique entre les trigger points et les douleurs référées sont très spécifiques et une connaissance détaillée de leurs relations peuvent grandement nous aider à prédire la localisation des trigger points actifs et les endroits spécifiques des douleurs référées.

Les images des trigger points et leurs douleurs référées sont le fruit d’un travail ardu de Mme Janet Travell médecin. Elle a consacré sa vie à étudier les trigger points et à dessiner les images qui nous sont un outil indispensable pour comprendre d’où viennent les douleurs et en connaître l’origine.

Mme Travell est une pionnière et l’autorité en matière de trigger points.

Elle a été le médecin personnel du Président John F. Kennedy durant les années 60. Après la mort de celui-ci, elle a traité les membres de la maison Présidentielle pendant plus de dix ans.

Merci à cette personne qui, d’après moi, a changé des milliers de vie avec cette science. J’espère pouvoir en faire autant en formant des gens, pour qu’un jour tout le monde connaisse cette science et en profite.

Jean-François Brabant
Formateur
Myofascialogiste
Président

Tous les textes ont été composés par
Jean-François Brabant
Tous droits réservés © 2001


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